FITMASS
Passer au contenu

Tout savoir sur la whey

Bonjour à tous !

C’est Nassim, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui, on a un sujet très sérieux et potentiellement très important à aborder, puisque je vais vous donner mon avis sur

L’article du journal l’ÉQUIPE qui a été publié le 16 février 2022.

Qui s’intitule :

« Les cocktails protéinés, ces bombes à retardement »,

Article écrit par monsieur Alexis Danjon. Je ne connais pas ce monsieur, c’est le premier article que je lis de lui.

Et ce qui interpelle encore plus, c’est le sous-titre de cet article :

« Très utilisé notamment dans le rugby, les compléments alimentaires sous forme de protéine présentent des risques avérés pour la santé, particulièrement au niveau des reins. »

C’est quand même des déclarations assez graves, parce que si vous lisez cet article, c’est probablement que vous êtes un peu intéressés par la musculation et la prise de muscle.

Et donc, il y a de fortes chances pour que vous soyez familiers avec les compléments alimentaires et les poudres protéinées.

Moi-même, j’en consomme depuis de nombreuses années. Avant d’en consommer, évidemment, j’ai fait mes petites recherches pour savoir si ça pouvait être dangereux pour la santé. Et de voir en sous-titre d’un article « danger avéré pour la santé », ça me fait un peu tiquer.

Donc, on va voir véritablement ce qu’il en est aujourd’hui.

L’article en question que j’ai sous les yeux commence de manière assez classique, avec un descriptif du quotidien de certains joueurs de rugby et de leur rapport aux compléments alimentaires.

Jusque-là, rien de nouveau, rien de choquant.

On apprend que les joueurs de rugby consomment effectivement un shaker protéiné après leur séance ou à d’autres moments de la journée pour optimiser la croissance et la récupération musculaire.

Bon, jusque-là tout va bien.

On sait que beaucoup de sportifs consomment des compléments alimentaires. On sait que les rugbymans ont une charge d’entraînement assez importante, et qu’ils associent leur entraînement avec des entraînements de muscu.

Donc, c’est tout à fait logique qu’ils en viennent à consommer des compléments alimentaires pour soutenir leur récupération musculaire.

On nous partage les conseils recommandations d’un préparateur physique, et on nous partage aussi les habitudes de certains joueurs.

On a quand même quelques phrases qui m’ont interpellé comme la suivante :

« Le plus important pour la prise de protéines, c’est le timing. Quand on sort de l’entraînement ou d’un match, on vient de fournir un effort très violent, or la récupération se fait dans les 30 premières minutes. On ne peut pas faire un repas à ce moment-là, donc on boit cet apport. »

Ce n’est pas vraiment le sujet de l’article, et d’ailleurs, je prépare un article sur la fenêtre anabolique et la nécessité ou pas de boire un shaker de protéines ou de manger une source de protéines très rapidement après un entraînement.

Donc, on reparlera de ça dans l’un des prochains articles.

Ça, effectivement, ça mérite des précisions, mais ce n’est pas le plus important.

Par contre, quand on touche à la santé, et qu’on met en rapport la consommation de compléments alimentaires, qui plus est les poudres protéinées, là, ça commence à devenir un peu plus dérangeant.

Il y a plusieurs phrases qui ont attiré mon attention, et je vais vous les lire.

« Ces produits ne sont en effet pas sans risque pour la santé, ils sont même interdits depuis 2019 dans les centres de formation. Il ne semblait pas logique que nos jeunes dès le début de leur carrière prennent des compléments alimentaires, et notamment des protéines. Nous les avons interdits chez les mineurs, car les parents nous confient leurs enfants, nous avons la responsabilité de leur santé. Or quand on commence à en prendre jeunes, on risque de développer une insuffisance rénale. Ça, c’est une déclaration de monsieur Bernard Dufour, ex-président de la commission médicale de la ligue nationale de rugby. »

Déjà, il y a plein de choses à dire sur cette phrase.

La première, je peux comprendre que les mineurs ne soient pas encouragés à la prise de compléments alimentaires.

D’ailleurs, je partage même ces deux recommandations.

Même si en soi, la prise de protéines en poudre ou de créatine par exemple est véritablement anodine lorsqu’on est adolescent, ce n’est pas quelque chose que je recommanderais, parce qu’il y a beaucoup d’autres variables à prendre en compte qui peuvent permettre à l’adolescent en question de progresser plus rapidement.

En l’occurrence, faire de meilleurs choix sur son alimentation, donc consommer des produits de bonne qualité en bonne quantité, mais aussi prendre soin de tout ce qu’il y a autour de l’entraînement et de l’alimentation, en l’occurrence, la récupération, le sommeil, etc.

Bien dormir, bien récupérer, bien manger, ça provoquera toujours des résultats infiniment plus intéressants que prendre de la protéine en poudre ou de la créatine.

Donc, si vous êtes un adolescent, et que vous lisez cet article, ne prenez pas de compléments alimentaires. Pas parce qu’ils sont potentiellement dangereux, mais plutôt parce que vous avez d’autres chats à fouetter.

Et si vous espérez progresser en prenant de la protéine ou de la créatine, alors que vous vous couchez à 2 heures du matin, et que vous mangez au fastfood trois fois par semaine, vous faites n’importe quoi.

Par contre, prétendre que la prise de protéines en poudre pourrait provoquer des insuffisances rénales lorsque c’est consommé par des jeunes, mais alors là j’aimerais bien savoir sur quoi se base ce monsieur pour affirmer ça.

Parce que ce sont des affirmations qui sont quand même plutôt graves. Eh bien, on a quelques précisions dans la suite de l’article.

Écoutez bien :

« L’agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire a pourtant lancé une alerte sur la consommation à haute dose de ces produits. Elle a mis en évidence des risques pour la santé, des effets indésirables parfois graves, principalement : cardiovasculaires, neuropsychiatriques, hépatiques et rénaux. »

Là encore, on a des affirmations qui sont quand même très graves.

Alors, évidemment, je suis allé faire un tour sur le site de l’agence nationale de la sécurité sanitaire et alimentaire, et j’ai retrouvé l’article qui parle justement des dangers à haute dose de ces produits.

Dans cet article, on y parle de compléments destinés à la prise de muscle et/ou à la perte de gras.

Mais on n’y parle pas spécifiquement de protéines en poudre.

Et c’est là que c’est très dérangeant, puisque les risques pour la santé, que ce soit cardiovasculaire, neuropsychiatrique, hépatique ou rénal, ne sont pas liés à la prise de protéines, mais sont plutôt liés à la prise de stimulants.

Protéines en poudre et stimulant, ce ne sont pas du tout la même chose.

Et lorsque je dis stimulant, je parle évidemment de la caféine. La caféine, c’est utilisé dans beaucoup de compléments alimentaires notamment dans les poudres pré-entraînement, mais aussi dans tous les brûleurs de graisse.

Catégorie de compléments qui, vous le savez, ne servent à rien.

Effectivement, si vous vous gavez de caféine, il y a de fortes chances pour que ça provoque tachycardie, étourdissement, ou pire, accident cardiovasculaire.

Donc oui, si vous vous ingurgitez un gramme de caféine avant votre séance, il y a de fortes chances pour que vous vous retrouviez à l’hôpital, ou, voire même pire, mort. Mais bon, pour consommer de telle dose, il ne faut déjà pas être très malin, et il faudrait aller à l’encontre de ce que conseillent les produits en question.

En France, on a des limites sur le dosage de caféine dans les poudres pré entraînement, et même dans les produits brûle graisse.

À moins de prendre, cinq, six ou sept fois la dose conseillée sur le paquet de ces compléments-là, eh bien, encore une fois, la prise de caféine reste anodine. Mais ce que je trouve malsain dans cet article, c’est qu’on fasse le parallèle entre poudre protéinée et d’autres compléments qu’on mettrait dans la catégorie des compléments destinés à la prise de muscle ou à la perte de gras.

La protéine, ce n’est pas pareil que de la créatine. La créatine, ce n’est pas pareil que des stimulants.

Les stimulants, ce n’est pas pareil que les oméga 3.

Les oméga 3, ce n’est pas pareil que de la mélatonine.

La mélatonine, ce n’est pas pareil que la vitamine D.

Pourtant, ils font tous partie de la famille des compléments alimentaires.

Donc, de prendre une phrase sur le site de l’agence nationale pour la sécurité sanitaire et alimentaire, et de faire un raccourci pour dire qu’on parle de poudre protéinée, soit c’est un gros manque de professionnalisme, soit c’est fait exprès pour avoir la possibilité de faire des gros titres sur un article.

Ensuite, l’article nous parle des études scientifiques menées par le docteur Denis Fouque, qui est néphrologue et est expert en nutrition rénale. Et effectivement, je suis allé voir toutes les publications du docteur Denis Fouque, et il y a des choses très intéressantes sur les maladies rénales.

Mais on n’a absolument rien sur les compléments alimentaires à base de poudre protéinée.

En fait, le docteur Denis Fouque, il nous parle de la consommation de protéines au sens large du terme, c’est-à-dire toutes sources confondues, que ce soit protéines animales, protéines végétales, ou même, on pourrait supposer les poudres protéinées sous forme de compléments alimentaires.

Dans l’article de l’ÉQUIPE, on nous dit la chose suivante :

« Les études du docteur Denis Fouque démontrent que si les gens sans maladie rénale mangent trop de protéines, ils perdent en moyenne 20 % de leurs fonctions rénales au bout de 10 à 15 ans. »

Et il semblerait que le chercheur se soit appuyé sur une étude coréenne qui a duré douze ans pour affirmer ça. J’ai vérifié tous les articles du docteur Denis Fouque publié en 2020, et aucun ne fait mention d’une perte de 20 % de leurs fonctions rénales.

Alors je ne sais pas si le journaliste se base sur une étude qu’a publié le chercheur ou si jamais il se base sur un entretien qu’il aurait eu avec lui. Là, c’est très flou. Mais quoi qu’il en soit, on ne retrouve nulle part les chiffres qui sont avancés dans cet article.

Mais il y a une incohérence encore plus dérangeante.

Dans la suite de l’article, on nous parle d’une étude scientifique. Dans un des groupes, les participants mangeaient 1,7 gramme de protéines par kilo de poids de corps et par jour, et ils ont perdu plus de 20 % de leurs fonctions rénales. Alors que ceux d’un autre groupe qui était à 0,7 gramme de protéines par kilo de poids de corps ont aussi perdu une partie de leur fonction rénale, mais moitié moins.

Le problème, c’est que quelques lignes plus tard, on nous dit la chose suivante :

« En revanche, il est avéré que si la posologie ne dépasse pas 1,6 gramme de protéines par kilo et par jour, alimentation comprise, ça permet d’augmenter le muscle sans détériorer les reins. »

Donc, il faut savoir, à un moment où on nous dit que 1,7 gramme de protéines par kilo de poids de corps et par jour provoquait une perte de 20 % des fonctions rénales ; et d’un autre côté, on nous dit que 1,6 gramme de protéines par kilo de poids de corps et par jour ne détériore pas les reins.

Donc à quelques lignes d’intervalle, on nous dit tout et son contraire.

Et il y a un autre problème, c’est que ces citations ne sont pas référencées.

C’est-à-dire qu’on ne sait pas de quelle étude scientifique elles sortent. Dans un article, normalement, lorsqu’on a envie de partager des parties d’une étude scientifique ou d’un article scientifique, on en met la référence à la fin de l’article.

Moi, par exemple, ce que je vous dis dans cet article, vous pourrez trouver les références. Eh bien, normalement, le journaliste en question s’il décide de citer des parties d’une ou plusieurs études scientifiques, aurait dû mettre de quelles études scientifiques il parle à la fin de son article pour qu’on puisse justement vérifier.

Là, ce n’est pas le cas.

Donc en réalité, on ne sait pas d’où ces déclarations sortent. On ne sait pas si elles sortent effectivement d’un article d’une étude scientifique ou si elles sortent d’un entretien téléphonique avec le chercheur en question.

Quoi qu'il en soit, non seulement ce n’est pas très cohérent, mais en plus ça manque quand même de précisions.

Donc là, comme vous voyez, on est plutôt mal partis.

Mais ce n’est pas terminé, parce qu’il y a quelque chose d’autre qui interpelle encore plus, c’est le chiffre suivant : 0,8, c’est en gramme, le seuil maximum de protéines par kilo et par jour recommandé par l’Organisation mondiale de la santé à consommer pour une personne. Il en remet une couche dans l’article :

« L’OMS déconseille d’ailleurs d’absorber plus de 0,8 gramme de protéines par kilo de poids de corps et par jour. »

Alors ça, est-ce que c’est vrai ?

Encore une fois, c’est facilement vérifiable.

On va sur le site de l’OMS ou encore une fois de l’agence nationale pour la santé sanitaire et alimentaire.

Écoutez bien :

« Il est difficile compte tenu de l’insuffisance des données disponibles de définir une limite supérieure de sécurité pour l’apport protéique. Dans l’état actuel des connaissances, des apports entre 0,83 et 2,2 grammes par kilo de poids de corps et par jour peuvent être considérés comme satisfaisants pour un individu adulte de moins de 60 ans. »

Donc, là encore, on a quand même une grosse différence.

Dans l’article de l’ÉQUIPE, on nous dit qu’il ne faut pas dépasser 0,8 gramme de protéines par kilo de poids de corps et par jour, alors que sur le site de l’agence nationale pour la sécurité sanitaire et alimentaire, on nous dit que des apports entre 0,8 et 2,2 grammes par kilo de poids de corps et par jour peuvent être considérés comme satisfaisants pour un individu adulte de moins de 60 ans.

Il est même indiqué juste en dessous la référence nutritionnelle en protéine chez les personnes âgées est légèrement plus élevée de l’ordre d'un gramme par kilo de poids de corps et par jour.

Je vous ai trouvé une autre référence intéressante cette fois-ci sur le site du sénat, mais qui partage des recommandations de l’OMS.

Je cite :

« Or l’OMS fixe les apports conseillés en protéines de 50 à 70 grammes par jour pour une population adulte en bonne santé »,

avec un petit astérisque. Et cet astérisque nous dit quoi ?

Il nous dit que les apports conseillés en protéines sont calculés pour équilibrer le bilan azoté de l’organisme : synthèse contre dégradation des protéines. Le bilan azoté, j’en ai déjà parlé dans d’autres articles.

Mais pour faire simple, les recommandations de l’OMS correspondent à la quantité minimum de protéines à consommer pour qu’il n’y ait pas de dégradation des cellules musculaires.

En gros, 0,8 gramme de protéines par kilo de poids de corps et par jour, c’est le minimum vital pour assurer les fonctions premières de votre organisme.

C’est-à-dire que c’est ce qu’il vous faut pour réfléchir, pour penser, pour respirer, pour digérer, pour bouger.

Mais en aucun cas, ce ne sont des recommandations adaptées pour des adultes qui font du sport, et qui plus est, qui seront intéressés par la prise de muscle. Et évidemment, c’est le cas des rugbymans.

Dans ces cas-là, les recommandations pour la quantité de protéines peuvent doubler, voire même tripler dans certains cas de figure.

Donc effectivement que des rugbymans consomment 1,6, 1,8, 2 ou 2,2 grammes de protéines par kilo de poids de corps, que ce soit avec leur alimentation ou à l’aide de compléments alimentaires, non seulement ce n’est pas choquant, mais en réalité, c'est plutôt anodin.

Je reviendrai quand même juste après sur cette quantité de protéines et sur les véritables recommandations auxquelles vous pouvez faire confiance.

Je suis quand même allé jeter un coup d’œil aux études des chercheurs Denis Fouque et Kamyar Kalantar-Zadeh, ceux qui sont mentionnés dans l’article.

Et il n’y a aucune étude qui parle de compléments alimentaires.

Effectivement, toutes les études parlent de la consommation de protéines en général, mais aucun moment, on nous parle de la prise de compléments alimentaires, de poudre protéinée et des potentiels effets néfastes sur la santé.

J’irai même plus loin, j’ai l’étude sous les yeux.

La plupart de leurs études portent sur des patients qui sont déjà atteints de maladies rénales.

Et donc effectivement, dans ces cas-là, il y a des recommandations très précises qui sont faites pour la consommation de protéines.

Mais ça, je pense que de toute façon, vous le saviez. Et si ce n’est pas le cas, je vous le répète aujourd’hui :

« Ne prenez pas de compléments alimentaires, ou en tout cas, demandez l’avis de votre médecin si vous avez des maladies ou des prédispositions génétiques à certaines maladies, que ce soit maladie des reins, maladie du foie, obésité, diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires. ».

Tout ça n’est pas à prendre à la légère ! Si jamais vous avez l’une de ses prédispositions, il faut que vous puissiez avoir de recommandations personnalisées.

Donc ça, je pense qu’on est d’accord là-dessus, et que le message est passé. Ceci dit, si jamais tout va bien, ce n’est pas la consommation intelligente de poudre protéinée qui va vous faire perdre vos fonctions rénales.

D’ailleurs, est-ce qu’il y a vraiment des ressources scientifiques qui nous permettent d’établir si oui ou non la protéine en poudre est dangereuse pour la santé ?

Ça tombe bien, parce que c’est le cas.

Et j’ai aussi l’étude sous les yeux, étude qui fait 26 pages et qui a été publiée en 2020. Donc, c’est plutôt récent.

Le titre de l’étude : « La supplémentation en Whey protéines et ses potentiels effets néfastes sur la santé », une revue systématique.

💡 Une revue systématique, c’est un peu comme une méta-analyse ou en tout cas, c’est le regroupement de plusieurs études scientifiques qui porte sur un sujet précis, ici, la consommation de compléments alimentaires à base de poudre protéinée.

Conclusion : « L’utilisation de Whey protéines en dose satisfaisante… » désolé, je fais la traduction parce que c’est en anglais, « … semblent être bénéfiques, mais le problème serait la surconsommation surtout sur le long terme. »

Mais on nous dit aussi que certaines études n’ont pas réussi à démontrer si les effets négatifs étaient dus à la poudre protéinée ou juste à la surconsommation de protéines en règle générale.

Et il est bien précisé dans la conclusion qu’il serait intéressant d’avoir de futures recherches qui comparent les effets sur le corps de plusieurs régimes hyperprotéinés les uns avec l’utilisation de poudres protéinées, et les autres, juste avec de la nourriture solide.

Donc pour l’instant, mine de rien, on en est encore au début des recherches scientifiques sur les effets de la protéine sur le très long terme.

Ce qui me dérange dans cet article en fait, c’est qu’il y a beaucoup de raccourcis qui sont faits en plus de certaines inexactitudes qui sont partagées.

De dire que l’OMS ne recommande pas plus de 0,8 gramme de protéine par kilos de poids de corps et par jour, c’est faux.

De dire que l’agence nationale pour la santé sanitaire et alimentaire indique que les poudres protéinées pourraient provoquer des problèmes de santé graves dont des problèmes cardiovasculaires et neuropsychiatriques, eh bien, c’est faux également.

De dire que les compléments alimentaires sous forme de protéine présentent des risques avérés pour la santé, c’est tout simplement faux.

Donc, c’est l’accumulation d’erreurs et d’incohérences qui fait que selon moi cet article n’aurait jamais dû être publié.

Donc là, je m’adresse à la rédaction de l’ÉQUIPE et au journaliste Alexis Danjon, je crois. Eh bien là, vous avez mal joué votre coup.

Vous avez mal joué votre coup, parce que les informations qui sont présentes dans cet article, sont facilement vérifiables et on peut vite les débunker, si vous me permettez l’expression.

Plus sérieusement, quels sont les conseils que vous partagez sur la consommation de protéines, que ce soit sous forme solide ou sous forme de compléments alimentaires ?

Première chose, avoir recours à des compléments alimentaires n’a jamais été obligatoire et ne le sera jamais.

Il y a une quantité incroyable de pratiquants de musculation ou de n’importe quel autre sport qui ont des résultats incroyables également sans jamais consommer de compléments alimentaires.

Après, pour des sportifs de haut niveau ou presque comme les rugbymans en question dans cet article qui cherchent l’optimisation maximale des performances, eh bien oui, là, la prise de poudre protéinée elle fait sens, surtout dans un sport comme le rugby.

Ensuite, évidemment, ne consommez pas la protéine en excès que ce soit protéines sous forme solide ou sous forme de compléments alimentaires. Mais ça, en vrai, ça ne m’inquiète pas trop, parce que la protéine, c’est le macronutriment le plus difficile à consommer en excès.

Consommer un excès de glucides ou un excès de lipide, c’est hyper simple surtout avec le type d’aliments qui nous entourent dans la société actuelle.

Et d’ailleurs, si on a autant d’obésité, autant de diabète, autant d’hypertension, autant d’accident cardiovasculaire, ce n’est pas la faute d’un excès de protéines.

C’est véritablement la faute d’un excès de glucides et de lipides.

Bon, il y a plein d’autres raisons comme le manque d’activités sportives, les prédispositions génétiques, la qualité de l’air, etc., mais ça, c’est un autre débat.

Tout ça pour dire que l’excès de protéines est bien plus difficile à atteindre que l’excès de glucides et de lipides.

Il y a peu de chances pour que vous arriviez à consommer quatre grammes de protéines par kilo de poids de corps par jour, et ça pendant 10, 15, 20 ans.

Les durées qui seraient nécessaires pour effectivement provoquer des effets néfastes. Mais dans le doute, il faut quand même s’en tenir à une quantité plus raisonnable.

Si vous êtes un adulte en bonne santé et sédentaire, effectivement, les recommandations de l’OMS sont très bonnes, 0,8 gramme de protéines par kilo de poids de corps et par jour.

Si par contre vous êtes un adulte en bonne santé, que vous faites du sport de manière intensive plusieurs fois par semaine, et qui plus est si vous avez un objectif de prise de muscles, eh bien alors là, automatiquement, les apports peuvent doubler, 1,6 gramme de protéines par kilo de poids de corps et par jour, toutes sources confondues protéines animales protéines végétales et protéines sous forme de compléments alimentaires, qu’elles soient d’ailleurs animales ou végétales.

Est-ce que ça vaut le coup de monter à 1,8, 2 grammes, 2,2 grammes, 2,5 grammes de protéines par kilo de poids de corps ? Eh bien là, la réponse est ça dépend.

Et l’approche va être beaucoup plus individualisée. Moi-même, ça m’est arrivé de consommer des quantités allant jusqu’à 2,5 grammes de protéines par kilo de poids de corps, et ça m’est arrivé de conseiller aussi à des clients dans le cadre de coaching personnalisé de consommer jusqu’à 2,2 ou 2,5 grammes de protéines par kilo de poids de corps.

Mais d’une part, c’étaient pour des objectifs bien spécifiques, pour des pratiquants en bonne santé et sur un laps de temps très court : plusieurs semaines, voire au maximum quelques mois.

Mais quand je dis quelques mois, ce sont deux ou trois mois. Et sur cette période-là, c’est anodin. Pourquoi je faisais ça ?

Tout simplement parce qu’augmenter un peu la quantité de protéine permet de manipuler un peu différemment les autres macronutriments, en l’occurrence : glucides et lipides.

Et dans un objectif de perte de gras, ça peut être une méthode intéressante.

Surtout quand elle est utilisée sur une période aussi courte que 10 à 12 semaines. Mais hors cas de figure spécifique, 1,6 voire 1,8 gramme de protéines par kilo de poids de corps et par jour semble suffisant pour la construction musculaire lorsque vous faites du sport de manière intensive plusieurs fois par semaine.

À côté de ça, vous ajoutez toutes les recommandations qui sont relatives à un bon régime alimentaire : consommez des produits de qualité, un minimum transformé, et consommez dans l’idéal plusieurs sources de protéines, de glucides et de lipides.

Et à partir de là, vous avez tout gagné. Vous n’avez plus de questions à vous poser. Rappelez-vous aussi d’une chose la quantité de masse musculaire et la quantité de masse grasse, ce sont les deux meilleurs indicateurs de santé.

C’est-à-dire que si vous arrivez à prendre du muscle dans la limite du naturel et du raisonnable évidemment, et que vous arrivez à perdre du gras dans la limite du naturel et du raisonnable évidemment, eh bien, vous augmentez automatiquement votre espérance de vie, et vous réduisez le risque de développer tout type de maladies : cancer, diabète, maladies cardiovasculaires, maladies dégénératives.

En prenant du muscle et en perdant du gras, vous avez un meilleur sommeil, vous êtes de meilleure humeur, vous avez une meilleure gestion de votre énergie, une meilleure gestion de votre satiété.

Et tout ça, bien évidemment, c’est provoqué par une consommation intelligente de protéines.

En fait, vous avez bien compris, je suis énervé.

Je suis énervé, parce que jeter la pierre sur un type de compléments alimentaires qui est anodins, pour moi, la protéine en poudre, c’est le complément alimentaire le plus anodin qui existe à condition qu’elle soit bonne qualité.

Faire un article avec un titre aussi mal choisi, pour moi, c’est presque une faute professionnelle.

Enfin, pas presque, c’est une faute professionnelle.

Le journaliste devrait publier ses excuses. Voilà, c’est dit. Ou en tout cas, une correction des approximations qu’il a faites dans l’article.

Mais je vais quand même essayer de me calmer pour conclure cet article. Je sais qu’il était long, mais j’espère que vous êtes arrivés jusqu’au bout.

J’espère que vous avez appris certaines choses.

À bientôt,

Nassim

Accès illimité et immédiat

à ton programme

14 jours satisfait ou remboursé

pour une satisfaction maximale

Paiement 100% sécurisé

Amex, Apple Pay, Visa et Mastercard